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Affichage des articles du octobre, 2025

En quatrième vitesse, Kiss me deadly, Robert Aldrich, 1955

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  I l y a quelques années encore ce film passait pour un des chefs-d’œuvre du genre. Mais avec le recul, il ne reste qu’un film assez banal, surtout remarquable par la réalisation. Un détective privé trouve sur sa route une femme qui fuit un asile psychiatrique où elle a été enfermée. Rattrapés par une bande d’assassins, la fille mourra et Mike Hammer, le héros, va échapper miraculeusement au même sort. Évidemment, il va faire en sorte de découvrir la vérité. Selon la tradition, l’action se passe à Los Angeles, il va se heurter à la fois aux truands et à la police. Il découvrira tardivement la vérité. Entre temps, il aura évité un grand nombre de danger et de pièges, et démolit un grand nombre de truands, semblant ainsi jouir de sa propre violence à la manière d’un prédateur. Avec une morale banale, il faut combattre le mal par le mal et assumer d’être encore plus violent que ces ennemis.   L’affiche française est bien mieux que l’américaine, ce qui est assez rare pour ê...

La maison dans l’ombre, On Dangerous Ground, Nicholas Ray, 1952

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    Ce film est souvent cité comme un des chefs-d’œuvre de Nicholas Ray. Pourtant la mise en route de cette production n’est pas à l’initiative de Nicholas Ray. Howard Hugues avait acheté un certain nombre de sujets, et comme il voulait faire tourner Robert Ryan, il demanda à celui-ci de choisir une des histoires qu’il avait acquises. Et c’est donc Robert Ryan, l’acteur qui a tourné le plus de films noirs dans le cycle classique, qui a décidé de cette production. Ensuite Howard Hugues a choisi lui-même Nicholas Ray comme réalisateur et John Houseman comme producteur. Le film a connu bien des difficultés. Le tournage, commencé en janvier 1950, fut interrompu pendant deux mois et demi, et il ne sortit sur les écrans que 18 mois après son achèvement. Également à l’origine, c’est Jennifer Jones qu’aurait voulu engager Howard Hugues, mais ce fut finalement Ida Lupino qui tint le rôle de la jeune aveugle. On dit même qu’elle aurait tourné une partie des scènes en remplacement de N...

L’inspecteur Harry, Dirty Harry, Don Siegel, 1971

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  Don Siegel est un réalisateur important dans l’histoire du film noir, et même un des initiateurs de ce qu’on appelle le film néo-noir. Auteur de films excellents à petit budget, avant les années soixante – par exemple le très méconnu Private hell 36 [1]  –  il est surtout connu pour les films qu’il a tourné avec Clint Eastwood et qui ont été pour la plupart de grands succès. Il a réalisé avec cet acteur cinq films, mais la plupart sont mauvais voire très mauvais. Les seuls qui résistent au passage du temps sont  Escape from Alcatraz  et peut être  The beguiled.  Le premier film qu’ils tournèrent ensemble est  Coogan’s bluff  en 1968, film fort justement oublié aujourd’hui, oscillant entre comédie niaiseuse et film policier.  Dirty Harry  est le quatrième film réalisé par ce tandem, et c’est le plus célèbre des cinq. Ce film a une importance capitale dans l’histoire du film noir, et c’est lui qui a révélé les options politiques...

Colère noire, Hell on Frisco Bay, Frank Tuttle, 1955

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Alan Ladd qui était devenu une immense vedette en 1942 grâce au film de Frank Tuttle, This Gun for Hire [1] , avait sans doute la reconnaissance du ventre car il tournera plusieurs films sous sa direction. Notamment Lucky Jordan la même année, mais aussi Hell on Frisco Bay en 1955. À cette époque Frank Tuttle ne tournait plus beaucoup, il avait été banni d’Hollywood lors de cette détestable chasse aux sorcières organisée par l’HUAC. Il avait été en effet membre du parti communiste américain. Même après avoir donné quelques noms, il ne tournait plus que dans des films au rabais, pas forcément mauvais d’ailleurs, mais fauchés. Hell on Frisco Bay lui a donné l’occasion de renouer avec des budgets plus importants. Il rejoignait ainsi un autre réprouvé, Edward G. Robinson qui lui aussi avait été dégradé pour avoir manifesté des idées de gauche.   Le film est d’ailleurs produit par Alan Ladd lui-même qui avait acheté les droits avant même que le livre de William P. McGivern paraisse, à...