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Denis Mellier, La littérature fantastique, suivi de La fabulation noir, Rouge profond, 2026

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         En lisant des romans noirs ou en visionnant des films noirs, je me suis rendu compte d’une parenté plus ou moins relâchée avec le fantastique. Au cinéma des réalisateurs comme Jacques Tourneur ou Robert Wise se situent par leur filmographie au carrefour. C’est assez étrange, quoique de très grands écrivains aient travaillé dans la veine fantastique, c’est tout de même un genre qui peine à avoir pignon sur rue. Les surréalistes, Breton en tête, qui disaient détester le roman, toléraient pourtant le fantastique. Ils trouvaient qu’à la différence du roman en général il y avait là une ouverture vers une vision autre de la littérature, comme une imagination un peu plus débridée. La littérature fantastique est une réédition d’un titre qui avait paru en 2000 je crois, et qui était devenu introuvable. Denis Mellier est un spécialiste de la chose, un universitaire. Il y a donc ici deux ouvrages en un. Le premier travaille si on peut dire à la définition du dom...

Main basse sur la ville, Le mani sulla citta, Francesco Rosi, 1963

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Le film de Rosi ne traite pas directement de la mafia. Il s’agit ici de spéculation immobilière à Naples, bien que le nom de cette ville ne soit jamais cité. Cependant, la manière dont les hommes politiques qui gèrent la ville sont corrompus fait penser tout de suite aux pratiques mafieuses du sud de l’Italie ou en Sicile au « sac de Palerme » [1] . Il ne s’agit pas d’un fait réel, mais d’une recomposition de ce qu’on a pu connaitre dans le sud de l’Italie comme détournement de fonds publics et comme spoliation des plus pauvres – c’est d’ailleurs une réalité encore aujourd’hui. Notez qu’après  Salvatore Giuliano , Rosi s’attaque à une période en apparence heureuse de la transformation de l’Italie, nous sommes au début des années soixante, mais c’est pour montrer comment le Sud paye le prix du développement du Nord industriel parce que l’État ne fait pas son travail de favoriser un système politique un peu moins corrompu.   Que ce soit à Palerme ou dans le sud...

Salvatore Giuliano, Francesco Rosi, 1961

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Francesco Rosi est un peu oublié aujourd’hui, mais dans les années soixante, il apparut comme très novateur, aussi bien par ses sujets que par sa manière de filmer au-delà du néo-réalisme. Le sommet de sa gloire fut sans doute atteint au début des années soixante-dix. C’était un homme du sud de l’Italie, de Naples plus précisément, et c’est sans doute pour ça qu’il est très sensible aux compromissions entre les hommes politiques et la mafia, que celle-ci soit la Camorra ou la mafia sicilienne. Il tournera six films sur ce thème :  La sfida  en 1958,  Salvatore Giuliano  en 1961,  Le mani sulla citta  en 1963,  Lucky Luciano  en 1973,  Cadaveri eccellenti  en 1975 et enfin,  Dimenticare Palermo  en 1985. À cet ensemble on peut ajouter  Il caso Mattei  qui traite aussi à la marge de la mafia et qui date de 1972. C’est le tiers de son œuvre et un ensemble très cohérent qui produit une esthétique nouvelle. En ...

Il pentito, Pasquale Squitieri, 1985

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  Si on se fie à la laideur de l’affiche, alors que les Italiens ont été longtemps les maîtres dans cet exercice, on évitera le film ! cette   pellicule s’inspire plus ou moins – plutôt moins d’ailleurs comme on va le voir – de la vie de Tommaso Buschetta, un personnage sulfureux hors du commun qui inaugurera la mode des repentis en Italie. Il avait acquis une telle position dans la mafia qu’on l’appelait le boss des deux continents, à cause de ses fréquents voyages en Amérique et de ses nombreuses relations des deux côtés de l’Atlantique. Perdant un peu pied dans la guerre que certains mafieux livraient aux Corléonais de Toto Riina, il s’était exilé au Brésil où il avait créé un deuxième foyer. Au moins deux films lui ont été consacrés, d’abord celui de Squitieri qui est assez éloigné de la réalité, entre autres choses parce qu’il a été tourné en 1985 et que Buscetta avait encore beaucoup à raconter sur la mafia et sur lui-même. Du reste tous les noms auront été changé...