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La veuve Couderc, Pierre Granier-Deferre, 1971

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  Pierre Granier-Deferre a été très occupé dans sa carrière de cinéaste par l’œuvre de Simenon. Il a adapté quatre ouvrages de cet écrivain, et La veuve Couderc vient juste après Le chat, déjà avec Simone Signoret. Il y aura encore Le train avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, puis aussi L’étoile du Nord encore avec Simone Signoret . Mais il travailla aussi sur le personnage de Maigret. Non seulement il en réalisera trois pour la télévision avec Bruno Cremer dans le rôle du fameux commissaire, mais il en scénarisera sept autres. Je ne suis pas un admirateur de Georges Simenon, et certainement pas des Maigret que je trouve assez faux et languissants, mais il faut reconnaitre qu’il a réussi quelques romans noirs intéressants, quoique très divers. Il a été adapté un peu dans toutes les langues et même aux Etats-Unis, il avait une facilité pour vendre ses romans au monde entier. Jean Gabin aura été l’acteur qui aura tourné dans le plus grand nombre d’adaptations de Sim...

Crime et châtiment, Georges Lampin, 1956

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    Dostoïevski est un écrivain inspirant pour le film noir. Les adaptations cinématographiques de  Crime et châtiment  sont très nombreuses, déjà du temps du muet on compte celle du russe Vassili Gontcharov. Cette œuvre marquera profondément Robert Hossein, c’était ici son premier grand rôle au cinéma. Il en fera une adaptation théâtrale en 1975 et il récidivera en 2001. Ce gros roman a marqué la littérature mondiale et plus particulièrement Georges Simenon qui le citait comme une de ses références majeures. C’était aussi un des livres de chevet de Frédéric Dard. Ces deux écrivains ont beaucoup donné au roman noir et au film noir.  Crime et châtiment  introduit une approche psychologique qui va devenir dominante dans la littérature du XX ème  siècle, une approche subjective qui rend toutes les vérités relatives et qui sera une marque du film noir. Par delà le crime on essaie de comprendre le criminel et non pas de le juger. Parmi les adaptations marqu...

Jean-Pierre Melville les gares, les trains et le métro

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Melville et Bourvil sur le tournage du Cercle rouge   Bernard Stora trouvait qu’il y avait une passion enfantine chez Melville pour les trains et les gares [1] . C’était bien vu, mais à mon sens cela dépasse de beaucoup les rémanences de l’enfance. Il faut la relier à son éduction cinématographique. De l’influence du cinéma étatsunien, Melville retiendra beaucoup d’éléments pour construire son esthétique si singulière. Parmi ceux-là il y a un intérêt très fort pour les gares et les trains mais aussi le métro. On trouve cette thématique dans Quand tu liras cette lettre, Le doulos, L’ainé des Ferchaux, Le deuxième souffle, Le samouraï, L’armée des ombres, Le Cercle rouge et Un flic, soit plus de la moitié de sa filmographie. Cet intérêt commence à apparaitre dans Quand tu liras cette lettre, en 1953, un film renié par Melville lui-même, mais pourtant qui est la fondation de son intérêt pour le film noir. Avant cela il n’avait fait que deux longs métrages qui tous deux étaient dé...