Articles

Cri de terreur, Cry Terror, Andrew L. Stone, 1958

Image
  Dans ce film on va retrouver des thèmes récurrents de la plupart des films noirs d’Andrew L Stone. D’abord, une femme piégée, kidnappée quasiment mais qui va se révéler forte face à l’adversité, et qui va sortir de son rôle secondaire d’épouse. La femme est confrontée a une perversité récurrente des hommes, et elle représente toujours une forme de rationalité que l’homme n’a pas. Ensuite il y a une certaine forme de modernité ancrée sur la croyance naïve des Américains dans le progrès de la technologie et l’avènement d’une société débarrassée des psychopathes de toute nature qui la pourrissent de l’intérieur. Cry Terror peut se résumer comme une famille piégée par la technologie que le mari croyait maitriser. Dans ce film on retrouve aussi l’intérêt d’Andrew L Stone pour les avions. Notez que l’ouvrage qui correspond à ce film est une simple novellisation du film.   Une compagnie d’aviation reçoit une menace d’attentat sur un de ses appareils si on ne se plie pas à ses...

Le diabolique Monsieur Benton, Julie, Andrew L. Stone, 1956

Image
Andrew L. Stone est un réalisateur qui a fait une très longue carrière et on peut dire qu’il n’a vécu que pour le cinéma. Il a commencé par le court-métrage et puis, encore au temps du muet, il est passé au long métrage. Sa carrière s’étale sur une cinquantaine d’années. Il s’est un peu dispersé, sans se fixer sur un genre en particulier, et à la fin de sa carrière, il tournait des comédies musicales. Le sommet c’est certainement dans le film noir qu’il faut le trouver. À ce moment-là, dans la deuxième partie des années cinquante, il était un auteur complet. Il écrivait ses scénarios, réalisait et produisait avec sa seconde épouse, une ancienne monteuse. C’était un esprit indépendant, il avait refusé un contrat somptueux au milieu des années trente avec la MGM parce qu’il craignait que celle-ci ne le contrôle et le bride dans sa créativité. Préférait travailler avec Paramount qui lui foutait la paix. Il fonda donc avec sa seconde épouse une société de production dont les films étaien...

Les misérables, Fred Cavayé, 2026

Image
  Je ne sais pas si ce film fera ses frais. Il a coûté très cher, entre 33 et 43 millions d’euros, ce qui veut dire qu'il sera rentable au-delà de 4 millions d’entrées en France. Mais tout m’incite à ne pas aller le voir. La première raison est qu’il me semble que cette nouvelle adaptation – peut-être la cinquantième si on compte à la fois celles pour le cinéma et celles pour la télévision – est parfaitement inutile, à la fois dans sa forme et dans son esprit. Il apparait que le cinéma français aux abois, après avoir adapté médiocrement Alexandre Dumas – Les trois mousquetaires et Le comte de Monte Cristo – continue de se rabattre sur des classiques de la littérature pour essayer de se sortir du trou où il se trouve. Ce principe de marketing est déjà suspect. La seconde raison niche dans la distribution. Tous les acteurs semblent sortir d’un déjeuner chez Lipp ou dans un quelconque restaurant de Saint-Germain-des-Prés.   Jean Valjean à la sortie de son restaurant préféré...

Denis Mellier, La littérature fantastique, suivi de La fabulation noir, Rouge profond, 2026

Image
         En lisant des romans noirs ou en visionnant des films noirs, je me suis rendu compte d’une parenté plus ou moins relâchée avec le fantastique. Au cinéma des réalisateurs comme Jacques Tourneur ou Robert Wise se situent par leur filmographie au carrefour. C’est assez étrange, quoique de très grands écrivains aient travaillé dans la veine fantastique, c’est tout de même un genre qui peine à avoir pignon sur rue. Les surréalistes, Breton en tête, qui disaient détester le roman, toléraient pourtant le fantastique. Ils trouvaient qu’à la différence du roman en général il y avait là une ouverture vers une vision autre de la littérature, comme une imagination un peu plus débridée. La littérature fantastique est une réédition d’un titre qui avait paru en 2000 je crois, et qui était devenu introuvable. Denis Mellier est un spécialiste de la chose, un universitaire. Il y a donc ici deux ouvrages en un. Le premier travaille si on peut dire à la définition du dom...