Articles

Les menteurs, Edmond T. Gréville, 1961 – d’après Frédéric Dard.

Image
  C’est un film très rare, longtemps très difficile à voir. J’ai mis des années avant d’y mettre la main dessus.  Les menteurs,  c’est d’abord l’adaptation d’un roman de Frédéric Dard,  Cette mort dont tu parlais.  Ce roman paru en 1957 s’inscrit au début de la longue série des romans noirs que Frédéric Dard signa de son nom au Fleuve noir. Il y en a trente-deux publiés dans la collection « spécial police », et à cette époque les « Frédéric Dard » se vendent un petit peu mieux que les « San-Antonio ». Ça va changer au début des années soixante quand San-Antonio prendra l’ascendant sur Frédéric Dard, mais en attendant, Frédéric Dard tire des revenus de la vente de ses histoires au cinéma et aussi de son travail d’adaptateur. Précisons que  Cette mort dont tu parlais  est excellent sur tous les plans, parfaitement maitrisé dans sa mécanique, il est sobrement et superbement écrit.   Ici Frédéric Dard est adaptateur ave...

Une légende urbaine tenace sur la carrière de Jean Gabin après la Seconde Guerre mondiale

Image
Au-delà des grilles de René Clément, 1949   On raconte, sans le vérifier, que la carrière de Jean Gabin après la Libération était stagnante et qu’elle sera relancée par le film de Jacques Becker, Touchez-pas au grisbi. C’est totalement erroné. Certes le succès commercial de ce film qui date de 1954 a été exceptionnel. Mais entre 1946 et 1954, Jean Gabin n’est pas resté inactif. Regardons les chiffres des entrées donnés par le site Box office story . Entre ces deux dates, il tourne 13 films dont 4 font plus de 2 000 000 d’entrées en France, sans compter l’étranger, et un, La minute de vérité, en 1952 fait plus de 3 000 000 d’entrées. Le seul film qui peut être considéré comme un échec commercial dans cette liste est Pour l’amour du ciel, un film de Luigi Zampa sur le thème des rapports entre la réalité et l’au-delà. Dans cette période il développe des personnages de truand menant une double vie, comme dans Miroir ou dans Leur dernière nuit, personnages qui préf...

No Other Choice, (어쩔수가없다) Park Chan-wook, 2025

Image
  Park Chan-wook, un des représentants les plus connus du cinéma coréen, s’est fait connaitre avec des films noirs, très glauques, des films qui possèdent un humour très singulier, Sympathy for Myster Vengeance en 2002 , Lady Vengeance en 2005 qui forment en quelque sorte de triptyque sur le thème de la vengeance avec Old Boy en 2003. Ce dernier film qui avait obtenu le Grand prix du jury au festival de Cannes en 2004, a été aussi un grand succès commercial, notamment en Corée du Sud. Ce sont des films grinçants, un peu désespérés aussi. Park Chan-wook est par ailleurs un réalisateur très engagé sur le plan politique, en 2016 et 2017 c’est pour avoir critiqué la présidente Park Guen-hye qu’il s’est retrouvé sur la liste noire du ministère de la culture, une liste de 10 000 personnes ! Il peut être classé à l’extrême-gauche, marxiste si on veut. Une tendance qui est assez importante en Corée du Sud, c’était également le cas du regretté Kim Ki-duk, cinéaste avec lequel...

François Thomazeau revisite l’œuvre de Lucien Roudier, alias Eller

Image
Scène de bar des années 20   C’est François Thomazeau qui nous a signalé la peinture de Lucien Roudier que je ne connaissais pas [1] . Ce dernier était né à Marseille en 1894 et il décédera en 1940 à Boulogne-Billancourt. S’il signait ses toiles Eller, c’est que cela rappelait ses initiales – L.R. son œuvre revêt une triple importance. D’abord par ses sujets qui révèle un monde interlope, un monde de la nuit, avec ses macs, ses putes, mais aussi ses clubs de jazz. Même s’il ne peindra pas que ce genre de scènes de genre, c’est bien cela qui apparaitra comme le plus original dans sa peinture. Ensuite il a un style très particulier, expressionniste si on veut, qui présente une parenté avec Georges Rouault ou encore Van Dongen, qui donne une allure très moderne, mais moderne à la manière des années folles. Enfin, parce que c’est encore un des peintres marseillais qui sera un peu oublié parce qu’au fond il n’arrivera jamais à se faire reconnaitre à Paris. On le sait les peintr...