Costa-Gavras, Va où il est impossible d’aller, Le seuil, 2018.
C’est pour moi assez compliqué de discuter des mémoires cinématographiques de Costa-Gavras. En effet c’est un réalisateur qui a eu une carrière étrange. Il a commencé par tourner en 1965 un petit film policier sympathique adapté d’un livre de Sébastien Japrisot, Compartiment tueur qui a bien marché, puis en 1967 il a tourné un film sur la résistance, Un homme de trop, mais il n’a trouvé sa voix qu’en 1969 avec Z. C’était donc après 1968 qu’il s’est révélé un réalisateur militant. Il a eu quelques succès qui l’ont amené à se faire financer par les Etats-Unis et il obtiendra même deux Oscar, l’un pour le meilleur film étranger pour Z, et l’autre pour Missing pour le scénario, et une Palme d’or à Cannes toujours pour Missing . Ce préambule montre deux choses. D’abord que le cinéaste Costa-Gavras est un enfant de Mai 68, même si sa formation est antérieure. Mais également que s’il a trouvé un écho de l’autre côté de l’Atlantique c’est qu’Hollywood à cette époque était bien plus...