Jean-Pierre Melville les gares, les trains et le métro
Melville et Bourvil sur le tournage du Cercle rouge Bernard Stora trouvait qu’il y avait une passion enfantine chez Melville pour les trains et les gares [1] . C’était bien vu, mais à mon sens cela dépasse de beaucoup les rémanences de l’enfance. Il faut la relier à son éduction cinématographique. De l’influence du cinéma étatsunien, Melville retiendra beaucoup d’éléments pour construire son esthétique si singulière. Parmi ceux-là il y a un intérêt très fort pour les gares et les trains mais aussi le métro. On trouve cette thématique dans Quand tu liras cette lettre, Le doulos, L’ainé des Ferchaux, Le deuxième souffle, Le samouraï, L’armée des ombres, Le Cercle rouge et Un flic, soit plus de la moitié de sa filmographie. Cet intérêt commence à apparaitre dans Quand tu liras cette lettre, en 1953, un film renié par Melville lui-même, mais pourtant qui est la fondation de son intérêt pour le film noir. Avant cela il n’avait fait que deux longs métrages qui tous deux étaient dé...