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Shining, The Shining, Stanley Kubrick, 1980

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  Ce film est maintenant célèbre, un des plus connus sans doute de Stanley Kubrick. Ce n’a pas toujours été le cas, à sa sortie il reçut un mauvais accueil critique et il n’eut pas le succès attendu. Pour certains c’est un des classiques du film d’horreur, mais cette adaptation d’un roman de Stephen King a été dénoncée par son auteur comme mauvaise, une trahison. Kubrick après l’échec commercial de Barry Lindon cherchait un sujet plus vendeur qui lui permettrait de rebondir. Il choisit donc un ouvrage de Stephen King qui était déjà un auteur au succès planétaire et dont l’adaptation de Carrie avait été très appréciée de la critique et du public cinématographique. C’est un auteur prolifique, on parle de soixante-cinq romans et de plus de 200 nouvelles, et forcément il y a chez lui du bon et du moins bon. Donc des ouvrages horrifiques traditionnels, et des romans qui dépassent le simple genre. Il a été très souvent adapté à la télévision et au cinéma, avec plus ou moins de réu...

Opium, To the Ends of the Earth, Robert Stevenson, 1948

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  Ce film plus ou moins noir doit être rangé dans la catégorie de ce qu’on appelle les films noirs semi-documentaires. Ce sous-genre met en avant et célèbre la lutte des forces de l’ordre, FBI, Trésor, DEA, etc. contre les criminels. On avance comme caution un bureaucrate de ses organisations très diverses – J. Edgar Hoover adorait se montrer au cinéma – qui apparait au début du film, parfois pontifiant sur son rôle éminent, validant l’idée que le crime est très profondément inséré dans la vie sociale normale, et donc qu’il faut toujours plus de moyens pour le combattre. Mais il y a aussi l’idée que l’histoire est inspirée de faits réels, et donc on va tenter de donner un aspect documentaire dans la mise en scène. L’histoire est ici produite par Jay Richard Kennedy qui en vérité ne s’appelait pas ainsi, mais qui avait pour nom Samuel Richard Solomonick. Celui-ci avait eu une vie rocambolesque. Membre du Parti communiste étatsunien, il devint le responsable de la diffusion ...

Orson Welles & Peter Bogdanovich, Moi Orson Welles [1992], Capricci, 2025.

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Ce n’est pas un ouvrage récent, la première version étatsunienne date de 1992. Mais Capricci a décidé de le ressortir dans une version « beau livre » avec de très nombreuses illustrations. On pourrait dire que c’est le grand livre sur Orson Welles. Et sa réussite tient aussi bien aux confidences et réflexions de Welles que de la pertinence des questions et des points de vue de Bogdanovich, fin connaisseur de l’œuvre de Welles et du cinéma en général. Welles est assurément un personnage et un cinéaste très original. C’est un non conformiste de naissance. Touche à tout, il s’orientera après un passage remarqué au théâtre et à la radio – voir la mémorable émission sur l’attaque des Etats-Unis par les martiens – vers le cinéma. Certains ont même pu avancer qu’Orson Welles était le dernier des grands créateurs au cinéma, qu’ensuite celui-ci n’a fait que ressasser les techniques et les ficelles du métier. Peter Bogdanovich est un cinéaste un peu moins reconnu tout de même, mais il...