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Affichage des articles du septembre, 2025

Les amants traqués, Kiss the blood off my hands, Norman Foster, 1948

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  Au début de son exceptionnelle carrière, Burt Lancaster était un acteur de films noirs. Révélé par le film de Robert Siodmak,  The killers en 1946 , il avait ensuite enchainé avec  Desert Fury Brute force  de Jules Dassin, et il avait été  L’homme aux abois  dans le film de Byron Askins. Il s’apprêtait à tourner le chef d’œuvre du film noir,  Criss-Cross  de Robert Siodmak. Il avait été un peu moins convaincant dans le film d’Anatole Litvak,  Sorry, wrong number.  Dans le grand livre du film noir, il avait une spécialité, c’était une brute, mais faible, désemparé qui s’en remettait nécessairement aux femmes qu’il rencontrait et qui le guidaient pour le meilleur et pour le pire. On le voit souvent à cette époque dans les bras d’une femme, Ava Gardner, Yvonne de Carlo ou Joan Fontaine qui le domine et qui serre sa tête contre ses seins. Burt Lancaster dans ses rôles du début souffre beaucoup, dans son corps comme dans son âme, et l’iss...

Une femme sans passeport, A Lady without Passport, Joseph H. Lewis, 1950

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  Dans la filmographie de Joseph H. Lewis, ce film noir vient après Gun Crazy [1] et avant The Big Combo [2] , ses deux chefs-d’œuvre. Il est beaucoup moins connu cependant. Le projet est monté par la MGM qui avait raté un peu le tournant du film noir et qui essayait de se rattraper. Mais le studio fut assez frileux. Ils engagèrent Joseph H. Lewis, parce que ses films peu onéreux rapportaient de l’argent, et que Gun Crazy avait été présenté comme un chef d’œuvre, alliant qualité artistique et succès commercial. Il tournait vite, avec des acteurs pas très exigeants sur les salaires. Ici on se tourna vers Hedy Lamarr qui était un peu en perte de vitesse, ayant plutôt mal géré sa grande renommée, préférant faire la fête et s’amuser plutôt que de se préoccuper de ses films, comptant sur sa beauté pour continuer son métier, plutôt que sur la qualité des projets. Mais elle avait un nom, et c’est elle qui coûta le plus cher sur ce film. On dit que son salaire s’élevait à 150 000 d...

Strange Alibi, D. Ross Lederman, 1941

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  C’est un film Warner Bros, réalisé au début du grand cycle classique du film noir. C’est un film qui dure à peine plus d’une heure et qu’on pourrait ranger dans la série B étant donné son budget étique. D. Ross Lederman est un vieux routier de la Warner, il a travaillé du temps du muet, c’est un vrai tâcheron qui a accepté n’importe quoi, beaucoup de westerns pourris du genre Buck Jones, c’était un spécialiste des films à petit budget. Il n’y a donc pas grand-chose à attendre de ce genre de produit de série. Cependant, plusieurs aspects de ce long métrage doivent retenir l’attention. Le scénario qui contient quelques innovations est signés de trois noms. Kennet Gamet, spécialisé dans les produits de faible qualité, principalement des westerns idiots, Leslie T. White qui était plutôt orienté vers le film policier et qui est sans doute celui qui a amené le sujet et surtout Fred Niblo jr., le fils du grand réalisateur célèbre pour Blood and Sand et pour Ben Hur. Mais Fred Nib...