The Red Menace, Underground Spy, R. G. Springsteen, 1949
Ce film porte deux titres, l’un, The Red Menace et
l’autre Underground Spy. C’est généralement un très mauvais signe, il
signifie qu’on a changé le titre parce que le premier ne marchait pas et qu’il
fallait bien essayer de récupérer un peu de l’argent investi. C’est un film
anticommuniste primaire. Il est intéressant pour nous par ce qu’il nous dit de
la paranoïa des Américains qui sont depuis le milieu du XIXème
siècle obsédé par une menace russe qui n’existe pas et qui n’a jamais existé.
En effet quel que soit le régime, communiste ou nom, la Russie est un ennemi
complètement fantasmé. Quelles que soient les idées qu’on a sur la Russie
communiste, il était pourtant assez clair que celle-ci n’avait ni l’intention
de s’attaquer à l’Occident, ni les moyens de le faire. C’est un film de
propagande qui en fait à cette époque va justifier la chasse aux sorcières qui
s’intensifie sous la houlette de l’HUAC pour traquer les ennemis de l’intérieur.
Il existe un autre film qui porte le titre de The Red Menace, c’est un
court métrage qui date de 2018 et qui est une moquerie justement de la paranoïa
étatsunienne. Il y a beaucoup de films de science-fiction qui parlent de la planète
rouge. C’est-à-dire de Mars. C’est souvent une métaphore pour désigner les
Russes, les rouges, comme une sorte d’extra-terrestres, leur déniant toute
valeur humaine. Vous remarquerez qu’entre 1940 et 1949 on est passé de films de
propagande qui saluaient la coopération russo-américaine comme nécessaire pour
éradiquer la barbarie nazie, à la désignation sans nuance du Russe comme le
nouveau barbare. Il est vrai que le régime stalinien donnait facilement du
grain à moudre. Ces films de propagande, pour la plupart médiocres avaient un
double but : d’un côté justifier la répression des idées de gauche à
l’intérieur du pays, toute personne défendant les syndicats, plus d’égalité,
était qualifiée d’agent de Moscou, et de l’autre diffuser dans le monde entier
que les Etats-Unis étaient là pour défendre le monde occidental de la menace
communiste. Il est facile de voir que depuis quelques années nous sommes
revenus exactement au même point, sauf évidemment que nous ne pouvons pas
identifier la Russie avec un régime communiste. Ces films avaient donc pour but
de fabriquer un ennemi en montrant que notre mode de vie idyllique pouvait être
remis en question par une menace extérieure. Comme aujourd’hui le thème est
celui de la sournoiserie des agents communistes qui se dissimulent pour saper
les fondements de la démocratie. Aujourd’hui on dit que ce sont les hackers
russes qui font ce travail, il y a une soixantaine d’années c’était les
syndicalistes et les enseignants qui tenaient à l’écran ce rôle.
Bill Jones et Nina Petrovka sont en fuite
Les Etats-Unis ont compris très tôt les avantages de la
propagande par le biais de la fiction. Cependant, la brutalité du traitement de
l’anticommunisme primaire à l’écran a rencontré rarement le succès, sauf
lorsque c’est Elia Kazan qui se collait à cette tâche ingrate, et encore, si
On the Waterfront connu un succès retentissant[1],
Oscars à l’appui, Man on the Tightrope fut un bide noir[2].
Ce qui prouve que la manipulation des consciences a des limites. En vérité les
concepteurs de cette entreprise ne cherchent pas forcément à convaincre, mais
plutôt à occuper le terrain et à forcer leurs adversaires à se défendre des
accusations farfelues qui n’ont aucun fondement. Le plus étrange dans tout cela
c’est que l’HUAC s’est servi du Parti communiste américain comme d’un
épouvantail à moineaux. En effet ce parti n’a jamais représenté un danger
sérieux, ses effectifs étaient très faibles et leur rigidité idéologique faisait
qu’il n’avait pas d’audience sur le reste de la gauche. R. G. Springsteen est
un médiocre réalisateur. Principalement il s’est attaqué au western, présentant
systématiquement la peau rouge comme une canaille sanguinaire qui ne vise qu’à
détruire les gentils petits blancs qui ne leur veulent en rien du mal. Il était
abonné à la propagande brutale de l’idéologie de l’Américan Way of Life. Je ne
connais pas un seul film de lui qui présente un peu d’originalité dans la grisaille
de la longue litanie des films de série B. Produit par le studio Republic,
studio de second rang mais assez prospère, c’est un film fait avec des bouts de
ficelles, sans doute pour donner des gages à l’HUAC qui à cette époque exerçait
une pression bien peu démocratique sur les professions intellectuelles et
particulièrement sur le cinéma qui était le loisir qui touchait le plus vaste
public. Il est probable que Republic ne croyait pas à ce film, n’engageant que
des acteurs médiocres et ne se donnant pas beaucoup de mal pour en diffuser le
résultat. Les scénaristes semblent même se moquer leur mission en la
caricaturant. Il va sans dire que ce film n’a jamais été distribué en France,
parce que les autorités craignaient les réactions du parti communiste et des
syndicats qui lui étaient affiliés. Avec ce que je viens de dire, on se demande
bien pourquoi alors on doit s’intéresser à ce genre de films. Il y a deux
raisons, la première est qu’il détourne le film noir, la seconde est de
comprendre comment cela fonctionne et que tout film reste porteur d’une
idéologie politique plus ou moins grossière.
Jack Tyler suit Bill Jones
dans l’espoir de le recruter pour le parti
Bill Jones un ancien GI est en conflit avec la bureaucratie
qui prétendait offrir un logement aux soldats de retour de la guerre. Il a
investi en Californie pour l’achat d’un terrain, et il craint de perdre son
argent. Complètement énervé, il va être pris en charge par un membre du parti
communiste, Jack Tyler, qui tente de le recruter en lui vantant les vertus des
luttes collectives. Il rencontre dans un bar d’autres membres de ce parti, dont
Molly qui cherche à le séduire. Bill se laisse entraîner, et lorsque le parti
décide d’une action un peu musclée il en sera. Mais la police intervient et
Nina aide Bill à échapper à une arrestation. Celui-ci l’entraîne à la fête
foraine et commence avec elle une liaison amoureuse. Il assiste aux réunions et
se forme au marxisme. Mais le parti ne tolère pas la contestation, et quand
Reachi proteste, il est battu à mort par les communistes qui vont faire passer
ce meurtre comme le résultat de l’action de la police. Nina a été choquée, mais
elle ne dit rien. Un peu écœurée, elle s’écarte du parti avec Bill, mais elle
est surveillée par Yvonne. Pendant ce temps, le curé qui est envoyé par la mère
de Molly qui vit en couple avec Salomon un autre membre du parti, pour lui
faire la morale et la faire revenir sur son athéisme.
Le parti communiste prépare une action contre le bureau de logement des GI
Au parti communiste, l’heure est à la purge, et Salomon est
mis sur la sellette pour avoir écrit dans un article que Marx était un
continuateur de Hegel. Il refuse de se dédire, et quitte le parti. Mais le
parti fait le vide autour de lui, il n’arrive plus à trouver du travail parce
que les patrons ne veulent pas embaucher un communiste. Il s’interdit de revoir
Molly pour ne pas lui nuire, mais un jour il la croise dans la rue et Jack
Tyler l’a vu. Ce qui veut dire que Molly va avoir des ennuis. Il vient alors
voir Partridge le chef local, se dispute avec lui et finit par se suicider en
se jetant par la fenêtre. Molly sous le choc prend la décision à son tour de
quitter le parti et de retourner chez sa mère et à la religion. Sam est un
afro-américain discret qui travaille comme journaliste pour le parti, il doit
faire un article sur la mort de Salomon. Son père vient le voir et lui explique
aussi que la religion c’est bien mieux que le communisme. Sam quitte à son tour
le parti et repartira avec son père. C’est maintenant au tour de Nina et Bill
de vouloir quitter le parti, mais les tueurs du parti tentent de les empêcher
de fuir, après une bagarre rapide, ils arrivent à s’enfuir. Pendant ce temps,
les services de l’immigration ont arrêté Yvonne qui en fait est une allemande
qui a volé le passeport d’Yvonne Krauss après qu’elle ait été assassinée.
Devenue complètement hystérique, elle va parler et explique qui sont les
véritables assassins d’Yvonne Krauss, forts de ses aveux, les policiers ont
arrêté les auteurs de ce crime et faire interner la fausse Yvonne dans un
hôpital psychiatrique. Bill et Nina après avoir fui longtemps décident de se
livrer à la police. Ils s’arrêtent à Talbot et racontent leur histoire au
shérif qui décide qu’ils sont de bons américains puisqu'ils dénoncent le parti communiste et qu’ils ont bien fait de
tout raconter, il leur conseille de se marier au plus vite et de faire des
enfants.
Nina et Bill se fondent dans la fête foraine pour ne pas être arrêtés par la police
Ce film minimaliste accumule les handicaps. Mais puisque
c’est un film de propagande ce n’est pas le plus important. Il y a d’abord une
contradiction fondamentale, d’un côté les communistes sont présentés comme des
marginaux, peu nombreux, et de l’autre comme quasiment aux portes du pouvoir. Cette
première bêtise est corrigée un peu plus tard par Nina qui explique benoitement
que de partout où les communistes ont pris le pouvoir, ils ont toujours été
minoritaires ! La seconde extravagance est de montrer que le parti
communiste utilise des tueurs pour éliminer en son sein les déviants. C’est
évidemment stupide. Bien entendu le parti communiste américain était une structure
particulièrement rigide sur le plan idéologique, mais les purges ne se pratiquaient
pas avec éliminations physiques. Le parti qui tentait de conservait sa pureté
doctrinale excluait les membres contestataires ce qui souvent entrainait des
drames, les exclus ayant du mal à vivre leur exclusion. Mais cette tendance
justement amenant un étiolement rapide du parti et donc son affaiblissement irrémédiable.
Mais si le film avait présenté ce parti selon sa réelle importance, on aurait
compris que la cabale anticommuniste ne tenait pas debout. Or il fallait faire
croire qu’il était un danger immédiat pour les Etats-Unis et pour la démocratie,
donc qu’il était fondamentalement criminel. En outre on ne peut pas présenter
ce parti comme fourbe et dissimulateur et en même temps en train d‘assassiner
ouvertement ceux qui le contrarient !
Nina donne des cours de
marxisme dans une sorte de cave
La mécanique du film repose sur l’opposition entre des
institutions « honnêtes » – l’Église, la police – et des
organisations malhonnêtes, le parti communiste et les syndicats. Et bien
entendu la stupidité de ce scénario est d’assimiler le communisme à l’athéisme,
car si les communistes sont généralement athées, la plupart des athées n’étaient
pas communistes aux Etats-Unis. Autrement dit le salut viendra aussi bien d’un
détachement d’avec l’idéal communiste que d’un retour à la prière pour
retrouver la vérité révélée par un homme d’Eglise ! Le film oppose deux
savoirs, celui des communistes qui repose sur la lecture des livres de Karl Marx
et celui des curés qui repose sur la foi ! On comprend, si on suit ce
raisonnement scabreux, que la foi est un instrument de connaissance bien supérieur
à celui des livres, ce qui justifie d’ailleurs que l’HUAC s’attaquera
frontalement aux enseignants. Dans cette logique, le curé est un personnage
fondamentalement bon, avec l’air supérieur de ceux qui savent bien mieux que
les savants, et les communistes représentés par Yvonne et Partridge sont fous
ou criminels.
Reachie qui contestait la ligne du parti est battu à mort
L’autre aspect est que les communistes mentent disant qu’ils
défendent le peuple. En vérité, ils ne sont pas capables d’améliorer quoi que
ce soit, voués au désordre, ils jouent sur les frustrations des individus. Par
exemple ils accusent les Etats-Unis d’être une société raciste et donc ils
prétendent de défendre les Juifs et les Afro-américains. Mais c’est l’inverse.
Le père de Sam explique à son fils que l’esclavage ayant disparu depuis des décennies,
les Afro-américains n’ont aucune raison de se plaindre, alors que dans les pays
communistes le peuple est mis en esclavage. Sam en conviendra et retournera promptement
à l’Église ! Si le film met en avant le personnage de Sam, c’est justement
parce qu’à cette époque les crimes racistes sont nombreux et que les
Afro-américains commencent à revendiquer une égalité de traitement réelle. Ce
sera le difficile combat pour les droits civiques. De même la voix off explique
qu’en réalité malgré des frustrations passagères, tous les individus qui
travaillent accèdent facilement au confort et à la richesse. Autrement dit le
communisme étant déjà réalisé aux Etats-Unis dans un cadre démocratique le
parti communiste n’a aucune raison d’être !
Yvonne surveille Bill et Nina
Le film est composé autour de personnages disparates. Mais c’est
un catalogue de gens frustrés ! Et surtout ils sont les représentants de
minorités qui ont été souvent dénigrées dans la société américaine. Il y Sam, l’Afro-américain,
et puis Salomon le Juif, et encore Molly l’Irlandaise. Bill Jones est un bon
Américain grand teint, mais il est un ancien soldat qui se sent rabaissé dans
son difficile retour à la vie civile. Et donc le parti communiste tente d’exploiter
ces frustrations au lieu de travailler à renforcer le melting-pot comme le
modèle d’une société harmonieuse qui progresse vers le mieux, il s’essaye à élargir
les fractures. Le curé fera l’éloge de la diversité et du melting-pot – c’est
le terme qu’il emploie lui-même. Évidemment quand on voit la récurrence des
émeutes raciales aux Etats-Unis entre 1949 – date de la sortie de ce film – et aujourd’hui,
ça peut prêter à sourire. Le personnage le plus intéressant est sans doute
celui de Salomon, le sentimental Salomon. C’est un intellectuel, on le verra
défendre une lecture philosophique de Marx contre les trucages du parti, mais
on le verra aussi poussé au suicide à cause de son exclusion. Il aime Molly et
Molly l’aime. Mais le parti se sert d’elle pour draguer les futurs adhérents. D’ailleurs
Bill Jones succombera à ses charmes. Bien entendu c’est encore une imbécilité
scénaristique car cela suppose que ceux qui adhérent au parti le font sans conviction
bien précise. Le film oppose donc l’idée d’un amour libre opportuniste à la nécessité
de créer une structure familiale stable.
Le curé est venu parler à Molly et Salomon pour leur expliquer que l’athéisme c’est le mal
Le communisme est donc également dans le film l’ennemi de l’amour
et de la famille. D’abord il y a Molly qui à cause de son engagement politique
se prive de sa famille, mais qui en outre va payer très cher sa relation avec
Salomon, non seulement elle est contrainte de le tromper, mais elle le perdra
pour cause d’épuration. Nina qui est communiste par piété filiale si on peut
dire, va se rendre compte finalement qu’elle vit dans l’erreur quand elle comprendra
que sa relation avec Bill est compromise par les rigidités du parti. D’ailleurs
Yvonne qui est complètement hystérique apparait comme une personne jalouse et
frustrée sur le plan sexuel, elle n’a pas de relation amoureuse et en ne vivant
que pour le parti, elle se méfie de tous ses camarades qui tentent d’avoir une
vie normale. Le film prétend présenter le communisme comme hostile à la
famille. C’est plus qu’une approximation. Puisqu’en effet à cette époque au
contraire les partis communistes du monde entier travaillaient à réhabiliter l’idéal
de la famille mononucléaire. Mais cela aide à comprendre pourquoi en échappant
au parti communiste Bill et Nina ont tout soudain envie de faire des enfants !
Le parti réclame à Salomon son autocritique
La réalisation bien paresseuse s’accommode tout à fait d’un
scénario tout aussi paresseux. Le film commence à la manière d’un film noir,
avec un long flash-back qui parait assez inutile. Mais le récit s’accompagne en
outre d’une voix off qui « explique » ce qu’on voit à l’image,
histoire d’enfoncer le clou dans une volonté toute pédagogique des fois que le
spectateur n’aurait pas bien compris le message. Cependant cela ne va pas sans ambiguïté.
Certes quand la voix off dénonce la sournoiserie des dirigeants communistes, c’est
redondant, mais quand Salomon se voit refuser un emploi parce qu’antérieurement
il a été communiste, cela pose une vraie question, car cet ostracisme – le même
qui frappe à cette époque le milieu du cinéma – apparait particulièrement
injuste puisque Salomon est sympathique et manifestement honnête. Les
scénaristes y ont-ils pensé ? En effet c’est une menace directe pour ceux
qui seraient tentés par rejoindre le parti communiste, et même ceux qui l’ont
juste un peu fréquenté. Et d’ailleurs c’est ce qui se passe dans le milieu du
cinéma à cette époque, tout individu soupçonné, seulement soupçonné, d’avoir eu
des liens avec ce parti sera banni des studios. C’est bien l’image d’une société
brutale et peu démocratique. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains
ont voulu voir dans ce film une critique indirecte de l’HUAC
Les entreprises refusent d’employer Salomon parce qu’il a été communiste
C’est un film fauché, mais on sait que parfois la faiblesse
du budget peut être compensée par l’inventivité du metteur en scène. Ce n’est
pas le cas ici. Bien sûr Springsteen connait les codes du film noir, les
ruelles sombres, les contrastes de lumière, mais ce n’est pas suffisant. La caméra
reste statique comme si elle faisait confiance à son sujet. Le montage manque
de fluidité. Les dialogues sont lourds et filmés lourdement avec des champs contrechamps
systématiques. Tout est tourné en studio, très peu d’extérieurs donc, sauf la
fête foraine qui donne un petit peu l’image de cette Amérique populaire avec
ses loisirs simples de la classe ouvrière. La boutique du shérif de Talbot est
surmontée d’une simple enseigne en contreplaqué qui semble tenir debout
seulement parce que c’est la mode.
Salomon s’est suicidé en sautant par la fenêtre
Springsteen n’hésite pas à se répéter, ainsi il tourne
plusieurs fois la même scène, d’abord c’est la mère de Molly qui vient faire la
leçon à sa fille, puis c’est le curé qui tente d’appuyer cette démarche auprès
de la même Molly, ça s’apparente à du harcèlement. Et enfin c’est le père
de Sam qui prend le relais, chaque fois le personnage moralisateur est filmé à
droite et celui à qui on fait la leçon occupe d’une manière contrite le côté
gauche comme s’il ne trouvait rien à redire aux sermons qu’il doit subir. Gauche-droite,
c’est aussi la position de Salomon debout face à son patron pour avoir été
membre du parti communiste. Quelques scènes tentent de faire oublier cette
paresse, d’abord le tabassage de Reachi dans la ruelle derrière le local du
parti, exercice presque traditionnel du film noir, avec une bonne perspective
en plan large. Ensuite il y a la brève scène de la défenestration de Salomon
qui va surprendre Partridge et le laisser sans voix.
Molly revient vers l’Église et vers sa mère
La photo de John Mac Burnie n’est pas très bonne, notamment
en ce qui concerne les scènes dans l’ombre, par exemple quand Bill Jones et
Nina sont en fuite dans la voiture, les contrastes sont très mal utilisés et
restent dans le vague. De même quand Yvonne se trouve encore dans une voiture
en train d’espionner le jeune couple, c’est à peine si on distingue son visage.
La scène de son interrogatoire par la police de l’immigration est également
plongée dans une pénombre déplorable. Peu de scènes échappent à la critique,
peut être la scène de l’Église au décor bien choisi, quand Molly va retrouver
sa mère. Les volumes sont bien utilisés.
Le père de Sam est venu lui faire la leçon
Le pire est sans doute l’interprétation. Il faut croire que Republic
ne croyait pas du tout à ce film en faisant le choix de ne prendre que des
illustres inconnus. Les acteurs ne sont pas très glamour. On se demande qui est
le plus mauvais. Bill Jones est incarné par un acteur de troisième catégorie,
Robert Rockwell. C’est un acteur qui a fait l’essentiel de sa carrière à la
télévision et à la radio. Il forme un couple avec Anne Haxman. Une actrice d’origine
allemande assez terne qui fera une très maigre carrière à Hollywood, elle n’a
pas un bon physique et sourit à contretemps. Elle est assez peu crédible dans
le rôle de Nina Petrovka. Betty Lou Gerson dans le rôle de l’hystérique Yvonne devait
se croire dans un film d’horreur à rouler des yeux comme elle le fait, à
hausser des sourcils menaçants pour intimider ses adversaires. Maquillée à la truelle, c’est une caricature et d’ailleurs
elle sera abonnée à ce genre de rôles de sorcières. Barbara Fuller dans le rôle
de Molly est un peu mieux, plus professionnelle on pourrait dire, elle arrive à
faire passer un peu de sentiments. A ses côtés il y a le larmoyant Shepard
Menken qui incarne Salomon sans vraiment de conviction.
Bille et Nina tentent d’échapper aux tueurs du parti
Le film fut un fiasco commercial et il semble que Republic n’ait
rien fait pour le sauver. Sorti à la sauvette, il ressortira avec un autre
titre et un autre montage quelques années plus tard, sans plus de succès d’ailleurs.
Le seul intérêt que ce film représente c’est la charge idéologique grossière qu’il
représente et les ficelles qui sont utilisées pour tenter de convaincre le
spectateur de la justesse du combat contre le communisme, même par des moyens peu
démocratiques. C’est officiellement un soutien à l’HUAC, il est tout à fait
possible d’ailleurs que Republic ait reçu des fonds du gouvernement pour
produire cette daube. Cependant si on y réfléchit un peu, c’est la même méthode
qui sera employée dans les films de guerre pour justifier la politique des
Etats-Unis aussi bien dans la Guerre du pacifique, que dans la Guerre de Corée.
C’est seulement avec la Guerre du Vietnam, et encore, que cette technique
propagandiste s’effilochera.
Yvonne a été arrêtée par les services de l’immigration
Il faut croire qu’il y a des collectionneurs comme moi pour
ce genre de films anticommunistes puis qu’Olive films a ressorti une très bonne
copie. Je l’ai même vue passer sur Amazon à 2 000 euros dans une version
Blu ray ! Heureusement nous avons d’autres ressources pour le pas nous ruiner
avec ce type de bêtise !
Nina et Bill décide de se rendre à la police
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