Décès de Brigitte Bardot
Et Dieu créa la femme, Roger Vadim, 1956
Brigitte Bardot nous a quitté à l’âge de 91 ans. On la savait en mauvaise santé depuis quelques mois, les hospitalisations se suivant. C’est un monument du cinéma qui disparait. Non pas que sa filmographie soit des plus fournies et des meilleures, mais par le fait qu’elle a marqué son temps. Elle existait bien entendu avant Et Dieu créa la femme, mais c’est bien le film de Roger Vadim qui en fit une célébrité et une icône de la modernité. Saint-Tropez, c’est elle, mais il y a ce qui allait avec cette image, la liberté, lé décontraction, la volonté de chercher le bonheur. Femme émancipée avant l’heure, elle a été un modèle pour de nombreuses femmes françaises et au-delà. Ses relations masculines ont défrayé la chronique. Elle s’est mariée avec un autre acteur célèbre à son époque, Jacques Charrier, mais elle a refusé de s’occuper de son fils ! Elle se retirera du cinéma à l’âge de 38 ans, elle avait tourné une quarantaine de films dont la plupart ne sont pas très bons. Mais entre-temps, célèbre dans le monde entier, elle avait représenté cette France dynamique en voie de modernisation rapide, elle était en quelque sort le pendant du général de Gaulle ! Elle représentait aussi une manière nouvelle de s’habiller, de se coiffer, se moquant des convenances. Ça plaisait, mais cela la faisait aussi détester par une partie conservatrice du pays. Brigitte Bardot était volontiers provocatrice, jouant aussi bien de son corps que de ses mines boudeuses, et c’est aussi cela qui l’a rendu célèbre dans le monde entier.
En cas de malheur, 1958
Longtemps présentée par les journalistes comme une jeune écervelée, elle avait une gestion très désinvolte de sa carrière cinématographique. Elle s’en moquait un peu. Cependant, cela ne veut pas dire qu’elle était mauvaise actrice, bien au contraire, elle démontrera un réel talent pour le drame, aussi bien dans En cas de malheur de Claude Autant-Lara en 1958, que dans La vérité d’Henri-Georges Clouzot en 1960. Après ces deux chefs-d’œuvre, on trouve encore quelques films de qualité, Et Dieu créa la femme, bien entendu du trop sous-estimé Roger Vadim. Du même Roger Vadim on peut encore citer Le repos du guerrier en 1962, mais il y a aussi des films moins connus comme William Wilson un épisode d’Histoires extraordinaires réalisé par Louis Malle et où elle partageait l’affiche avec Alain Delon en 1968. Je ne parlerais pas non plus du film de Jean-Luc Godard, Le mépris, en 1963.
La vérité, 1960
Elle aimait danser et chanter, elle fera du reste de grands succès du disque avec la complicité de Serge Gainsbourg qui fut aussi un moment son amant. Ce fut comme une seconde carrière, à une époque où elle était moins sollicitée par le cinéma. cela lui rapporta beaucoup d'argent, elle passait sans arrêt à la télévision. Elle n'était pas pour autant particulièrement attiré par le gain, sinon, elle aurait mieux géré sa carrière au cinéma, mais elle avait besoin d'argent pour La madrague et sa fondation pour les animaux d'elle défendait.
Malgré les cabales et les calomnies à son endroit, elle
connut cependant un regain d‘affection pour ses combats pour la défense des animaux,
ce qui l’amena évidemment à se heurter directement aux musulmans de France qui
égorgent les moutons sans étourdissement. Certains à gauche la dénoncèrent bien
à tort comme un soutien du fascisme. Le temps passant ces vieilles querelles
furent un peu oubliées, et elle apparut comme une sorte de vieille sage qui
sans se renier avançait qu’elle n’était plus intéressée par les relations
amoureuses et sexuelles. C’est donc un monument de la culture française qui
nous quitte, il n’y a pas d’équivalent chez les actrices d’aujourd’hui, aussi
bien en France qu’à l’étranger. À côté de notre Brigitte Bardot, elles nous
paraissent toutes plus fades les unes que les autres.
William Wilson, Louis Malle, 1968
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